Maîtrise les réglages de compression :
Si tu lis cet article, c'est que tu t'apprêtes à mixer tes propres voix. Ça peut sembler intimidant, mais j'enregistre et mixe des voix depuis dix ans et j'ai appris à peu près tout ce qu'il faut faire — et ne pas faire — quand tu mixes des voix. Dans cet article, je vais te partager exactement ce que j'ai appris en dix ans de métier, pour que tu obtiennes de meilleurs mix vocaux.
As-tu besoin de compression sur tes voix ? Points à vérifier avant de compresser
Comme pour tout en production musicale, ça dépend des besoins du morceau et du projet. Par exemple, si tu enregistres une prod épurée avec juste des voix et un instrument d'accompagnement comme une guitare ou un piano, tu auras peu ou pas besoin de compression.
En revanche, si tu intègres des voix dans une production rock bien chargée ou sur un beat hip-hop énergique, il va falloir être un peu plus malin. Dans ces cas-là, tu devras appliquer certaines techniques pour que tes voix restent bien en avant dans le mix.
Extrait vocal qui n'a pas besoin de compression (exemple sonore)
Dans l'extrait ci-dessus, il n'y a que deux pistes : les voix et la guitare. Comme il y a largement assez d'espace pour les deux éléments, il n'y a pas de besoin immédiat de compression.
J'ai ajouté un peu de reverb au goût et voilà, c'est tout.
Tu peux éventuellement appliquer un peu de glue compression sur le bus de mixage pour maîtriser certains transients, mais dans l'ensemble, ça peut rester sans compression.
Extrait vocal qui nécessite de la compression (exemple sonore)
Dans l'extrait suivant, tu remarqueras qu'il y a pas mal d'éléments supplémentaires à prendre en compte. Il y a une batterie complète, ainsi qu'une basse et une guitare.
Pour que les voix se placent bien dans le mix, j'ai appliqué de la compression pour remonter les parties plus douces et maîtriser les transients plus forts.
Enfin, j'ai ajouté un peu de room reverb pour un son naturel et donner l'impression sonore d'un groupe complet qui joue sur scène.
Si tes voix sonnent faibles, vérifie qu'il n'y a pas de problèmes de phase. Ça arrive généralement seulement si tu as enregistré tes voix avec deux micros différents.
Automation
Bien que compresser simplement les voix soit tout à fait acceptable, si tu vises un mix vraiment professionnel prêt pour la radio, il est recommandé d'appliquer une automation en amont. Par « en amont », on entend automatiser manuellement le signal vocal avant qu'il n'atteigne le compresseur.

En faisant ça, tu uniformises beaucoup de transients et tu maîtrises la dynamique, de sorte que le compresseur n'a pas à travailler aussi dur. Ça donnera un son beaucoup plus naturel et laissera transparaître la musicalité de ton compresseur.
Un super conseil : remonte la fin des mots pour faire ressortir leur émotion. Ça a un effet subtil mais agréable à l'oreille.
Tu peux choisir d'aller jusqu'au bout et automatiser chaque syllabe, ou juste des phrases ou lignes vocales individuelles. C'est à toi de décider du degré de précision que tu souhaites apporter au processus. Mais dis-toi bien que chaque petit détail et chaque modification que tu fais finit par compter.
Tu ne remarqueras peut-être pas l'efficacité de l'automation manuelle immédiatement, mais compare la version non automatisée à la version automatisée et tu verras beaucoup plus de clarté.
Un outil populaire est le Waves Vocal Rider, un plugin qui gère automatiquement cette tâche. Bien sûr, un plugin ne sait pas quel est ton son désiré, il ne peut que l'approximer en fonction de sa programmation.
Du coup, la meilleure approche est d'utiliser le Waves Vocal Rider pour faire le gros de l'automation, puis d'intervenir manuellement pour remonter les fins de phrases ou ajuster d'autres dynamiques à ton goût.
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Comment configurer ton compresseur pour de meilleurs résultats
1. Bonne structure de gain
La structure de gain, ou gain staging, consiste à prendre en compte chaque étape du chemin du signal et à garantir un bon rapport signal/bruit. Le bruit dans ce cas, c'est le ronflement de fond des circuits ou les fuites d'autres instruments.

L'objectif est d'avoir un signal assez fort sans saturer, ce qui réduit la probabilité d'un bruit de fond audible.
Considère les étapes du signal depuis ton micro jusqu'à ton DAW. À quelle distance te trouves-tu du micro, quel est le niveau de ton préampli ou du gain d'entrée de ta carte son, et utilises-tu du matériel externe ou des logiciels ? Tu dois viser un signal fort sans saturation qui alimente l'étape suivante à chaque niveau.
Le plancher de bruit, c'est le bruit ambiant d'une étape donnée de ta chaîne de signal, par exemple le ronflement inhérent d'un préampli par rapport à ton signal.
Chaque étape risque d'introduire du bruit et aussi d'amplifier tout bruit des étapes précédentes dans la chaîne. L'objectif est donc de monter ton signal à un niveau où il n'y a pas de saturation et une marge confortable. Vise entre -8 et -15 dB.
2. Choisir le bon type de compresseur
Types de compresseurs
Voici les 4 principaux types de compression :
- VCA
- Les compresseurs VCA utilisent un amplificateur contrôlé par tension (VCA) pour atténuer le signal, d'où leur nom.
- Tube (vari-mu)
- Ce type de compresseur utilise un tube à vide pour atténuer le signal. Mu est le terme technique pour gain, donc vari-mu signifie compression à gain variable.
- FET
- Le FET tire son nom des transistors à effet de champ qu'il utilise pour recréer le son à lampe d'un compresseur vari-mu.
- Compresseurs Opto
- Les compresseurs opto utilisent une source lumineuse et une cellule photoélectrique pour moduler la compression. En gros, plus la lumière est vive, plus la compression est forte. Ils sont populaires pour les voix grâce à leur attack lente, qui offre une compression très douce. Comme mentionné précédemment, des temps d'attack rapides peuvent étouffer une prise vocale.
Comment choisir le bon compresseur pour les voix
Pour choisir le meilleur compresseur, tu dois considérer quel type de réglages de compression tu nécessites.
Tes voix ont-elles beaucoup de dynamique qu'il faut maîtriser ? Sont-elles des voix rock que tu veux écraser et charger de caractère ? Veux-tu de la transparence ou de la coloration ? Voyons quelques styles :
Transparence
Si tu ne veux aucune coloration ni distorsion harmonique appliquée au signal compressé, alors un compresseur VCA ou un compresseur Opto est ton meilleur choix.
Il y a des moments où la transparence est nécessaire, comme en mixage ou en mastering, où tu veux juste maîtriser les transients sans ajouter de couleur ou de chaleur supplémentaire.
Le Universal Audio Teletronix LA-2A est un excellent compresseur opto connu pour être percutant et transparent.
Son naturel
Si tu veux quelque chose avec une attack et une release lentes qui compresseront ton signal sans être trop remarquables, alors les compresseurs Opto et vari-mu sont les meilleurs pour ce travail.
Un exemple de compresseur variable-mu populaire est l'Audified U73b, un vieux compresseur de diffusion allemand, utilisé initialement pour égaliser les pics et les transients dans les transmissions radio.
Coloration
Si tu veux insuffler de la vie à une performance un peu plate ou ajouter de la distorsion harmonique et du caractère à un bus de mixage, alors les transformateurs d'un compresseur FET ou d'un compresseur vari-mu t'aideront.
Note : la transparence est un choix personnel. Donc, lors du mastering d'un morceau, tu dois décider si tu utilises un compresseur transparent ou coloré
Temps d'attaque/release rapide
Si tu as beaucoup de transients rapides, par exemple dans une voix hip-hop, tu auras besoin de quelque chose avec la puissance d'agir rapidement et de façon décisive.
Pour ça, tu auras besoin d'un compresseur FET ou VCA.
Généralement considéré comme le compresseur de référence pour les voix, le UA 1176 est un compresseur FET. Il fonctionne particulièrement bien avec l'attack réglée au plus lent et la release au plus rapide. Note que les potards d'attack et de release sont inversés sur cet appareil, donc tourner de gauche à droite aura l'effet contraire.
3. Réglages du Threshold
Le threshold contrôle à quel moment ta compression se déclenche. Il se mesure en dB et tout ce qui dépasse ce niveau sera atténué.

Pour le jazz, la pop et tout ce qui est assez poli, tu ne veux atténuer que d'environ -2 à -4 dB, mais pour le rock ou le metal où tu veux plus de punch, atténuer d'environ -5 à -10 dB est préférable.
Règle le threshold jusqu'à ce qu'il soit audible et assez agressif. Une fois que tu as atteint ce point, recule-le jusqu'à ce qu'il soit à peine perceptible.
4. Réglage du Ratio
Le ratio est intrinsèquement lié au threshold. C'est le taux auquel le signal qui dépasse le threshold est compressé. Un ratio de 1:1, par exemple, ne compressera rien de ce qui dépasse le threshold. Un ratio de 2:1 signifie que 4 dB dépassant le threshold seront atténués à 2 dB. 8 dB dépassant le threshold seront réduits de 4 dB, et ainsi de suite.

5. Réglage des temps d'Attack et de Release
Attack
L'attack dicte la vitesse à laquelle la compression se déclenche. Imagine une petite main qui touche le potard de volume dès que quelque chose dépasse le threshold.

Évite d'utiliser des temps d'attack rapides sur tes voix car ça va étouffer les transients. Les temps d'attack rapides vont repousser le signal audio, donc si tu vises une certaine profondeur, utilise un attack plus rapide, mais généralement pour les voix, il vaut mieux s'en tenir à environ 10-20 ms.
Si tu veux entendre ce que fait le temps d'attack, baisse simplement le threshold très bas pour avoir une image plus claire. Une attack rapide sonnera très agressive, tandis qu'une attack plus lente sera assez terne.
Libération
La release, c'est le temps qu'il faut à cette petite main pour lâcher le potard.
Si ton compresseur a une fonction « auto », il est recommandé de l'utiliser. Sinon, commence simplement avec une release moyenne d'environ 40 ms et ajuste-la jusqu'à ce que la compression respire avec la musique.

Sinon, essaie une release rapide pour un effet puissant. Fais attention, ça peut ne pas convenir à ta prise vocale, donc le mieux est d'expérimenter jusqu'à ce que tu sois satisfait.
Knee
Tous les compresseurs n'ont pas de paramètre knee, donc ne t'inquiète pas si tu n'en vois pas sur ton plugin ou ton matériel.
Le knee dicte la vitesse à laquelle la compression se déclenche. Si tu veux que la compression arrive de façon assez agressive, utilise un hard knee, ou si tu veux que ce soit un peu plus subtil et musical, un soft knee est préférable.

6. Gérer la réduction de gain avec le Makeup Gain
Une fois que tu as maîtrisé tous les transients et atténué tout ce qui dépasse le threshold, tu constateras peut-être que le volume global de tes voix est maintenant réduit. Elles manquent de présence et se retrouvent plus en arrière dans le mix. C'est là qu'intervient le makeup gain.
Cette fonction booste le signal atténué pour que tes voix reviennent à l'avant du mix.
Utiliser des techniques avancées de compression vocale
Maintenant qu'on a passé en revue les bases de la compression, voyons quelques techniques avancées. Tu seras agréablement surpris de voir qu'elles sont en fait assez simples !
1. Compression parallèle

La compression parallèle est une technique qui mélange tout simplement le signal dry non compressé avec le signal compressé. Aussi connue sous le nom de « compression New York », ce procédé te permet de conserver la dynamique du signal non compressé, tout en bénéficiant de la cohésion et de l'énergie d'un compresseur, te donnant un son agréable et naturel.
2. Compression en série

Ce type de compression consiste à combiner deux compresseurs ou plus pour effectuer différentes tâches de compression qu'un seul ne pourrait pas faire.
Par exemple, tu peux vouloir un compresseur pour sa capacité à coller et maîtriser les transients, tandis que le second ajoute de la couleur et de l'énergie.
De plus, au lieu d'avoir un compresseur qui atténue de 3-4 dB, avoir deux compresseurs qui réduisent le signal de 1-2 dB chacun aura le même effet mais sonnera plus naturel et moins traité. On partage la charge !
3. Compression sidechain

La compression sidechain, c'est quand le signal d'un canal déclenche la compression sur un autre.
Par exemple, tu peux sidechaîner ta basse à la grosse caisse pour qu'elle soit atténuée à chaque fois que la grosse caisse joue. Si tu règles une attack et une release rapides, ça va faire baisser l'attaque initiale de la basse et laisser la grosse caisse briller, avant de ramener la basse à son volume complet.
C'est souvent utilisé pour obtenir le punch de la grosse caisse tout en conservant le corps complet de la basse.
Tu peux jouer avec l'effet sidechain dans des plugins, par exemple pour obtenir un son EDM pulsé en réglant une release plus lente. Évidemment, ça peut ne pas fonctionner sur tous les genres et c'est souvent utilisé avec parcimonie pour garder certains instruments en avant dans un mix chargé où plusieurs éléments se disputent l'espace.
4. Compression multibande
La compression multibande consiste à appliquer la compression uniquement à certaines fréquences. Un exemple serait de compresser les basses pour booster la grosse caisse. Comme la compression n'est appliquée qu'entre 50 et 200 Hz, tu n'as pas à t'inquiéter que les hautes fréquences soient affectées.
Ça te permet de compresser les médiums avec des réglages différents plus adaptés à ces fréquences. C'est très utile pour la compression du master bus, où tu peux appliquer une attack lente et une release rapide aux médiums pour ne cibler que les voix.
Ça peut être réalisé en utilisant plusieurs compresseurs sur des bus d'instruments individuels, ou en utilisant un compresseur multibande dédié comme MO-TT de Slate Digital qui divise la compression sur trois bandes de fréquences.
5. Limiting
Un limiteur est similaire à un compresseur. Le ratio est très élevé (au-dessus de 10:1), donc si 10 dB passent le threshold, ils seront réduits à 1 dB. Quand le ratio est réglé sur « infini », il supprimera tout ce qui dépasse le threshold, et c'est souvent appelé limiting « brick wall ».
Puisque tout ce qui dépasse le threshold est instantanément réduit en volume, il ne faut pas compter sur eux pour ajouter des harmoniques ou de la musicalité. Leur meilleur atout est leur transparence, sur laquelle on peut compter pour éliminer les pics incohérents.
Si tes voix sont trop en arrière dans le mix, un limiteur peut être utilisé comme makeup gain transparent. Commence avec un threshold élevé et baisse le plafond de sortie jusqu'à ce que tu sois satisfait du résultat. Augmente ton gain d'entrée et observe l'indicateur de réduction de gain pour voir de combien tu réduis le volume.
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La plage de fréquences de chaque instrument sur un seul tableau codé par couleur. Imprime-le, épingle-le au-dessus de tes enceintes, et arrête de deviner où couper.

FAQ
La plupart des chaînes de traitement vocal ont trois éléments :
- EQ
- Compression
- Reverb
Et généralement dans cet ordre, bien que pas toujours.
L'EQ aidera les voix à se placer dans le mix en supprimant les fréquences inutiles et en boostant celles que tu veux faire ressortir.
La compression vient ensuite, pour couper les transients et peut-être booster le son global avec un peu de makeup gain.
Après ça, tu peux appliquer de la reverb, mais en règle générale utilise toujours beaucoup moins que tu ne le penses. La reverb donne l'illusion d'espace et de distance, et trop en mettre repoussera tes voix dans le mix. Comme pour ta compression, règle ta reverb jusqu'à ce qu'elle soit audible, puis recule-la. De cette façon, tu assures un résultat plus naturel.
Si tes voix sont enregistrées en double et qu'il y a aussi des chœurs supplémentaires, il peut être préférable de grouper toutes tes voix sur un canal bus pour que ta chaîne de traitement vocal soit appliquée uniformément à toutes les pistes.
Ça te fera économiser beaucoup de puissance de traitement et tu n'auras pas besoin de dupliquer tous ces effets sur des canaux individuels.
Après avoir appliqué ta chaîne de base d'EQ, compression et reverb, tu peux expérimenter et essayer un peu de slapback delay ou même du chorus et voir comment ça sonne.
En général, si la compression est « audible », tu en as déjà mis trop. Tout effet de pompage ou résultat trop écrasé est un signe de trop de compression. Bien sûr, en EDM, ce son de pompage peut être stylistiquement pertinent, mais généralement, ça signifie que le threshold est trop bas ou que le ratio est trop élevé.
Trop de compression peut aussi tuer ta dynamique, en supprimant l'impact de certaines parties de ta performance vocale. Pour certaines performances rock, un mur vocal constant peut être souhaitable, mais pour la profondeur émotionnelle, il devrait rester de la dynamique.
Une voix au son naturel nécessite un ratio d'environ 2:1 ou 3:1. Ça fonctionne très bien pour les productions épurées et le folk, mais pour les performances rock et pop, quelque chose de plus élevé comme 5:1 ou même jusqu'à 8:1 fera l'affaire.
Méfie-toi d'un temps d'attack trop rapide. Autour de 60-100 ms, c'est le sweet spot. La release devrait être moyenne à longue. Si ton compresseur n'a pas de réglage « auto-release », mets simplement la release à son point le plus élevé et recule-la jusqu'à ce que ça semble bon. Généralement, entre 100 et 500 ms, c'est ce que tu devrais viser.
Assure-toi de régler ton makeup gain pour qu'il compense l'atténuation causée par les réglages de threshold et de ratio. Si c'est atténué de 1 à 4 dB, tu voudras booster le signal de sortie via le makeup gain en conséquence.
